Orphée et Eurydice

Merveilleux opéra tiré de la mythologie grecque, Orphée et Eurydice nous a transporté dans un fantastique voyage au coeur du tragique et de l’amour. Marie-Agnès Gillot a sublimé la chorégraphie de Pina Bausch !

Privilégiée pour ceux qui avaient eu la chance d’obtenir des places pour les quelques représentations, complètes dès l’ouverture des réservations.
Eblouissante car cet opéra dansé, pièce majeure de la Chorégraphe Pina Bausch, disparue il y a 5 ans, nous a offert une fresque magnifique de ce conte mythologique.

L’histoire d’Orphée est l’un des plus beaux mythe de la culture occidentale où se mêlent merveilleux et tragique autour d’un axe, l’amour, capable de défier les lois implacables de la nature.
Orphée est désespéré par la mort de son épouse, la nymphe Eurydice. Son chant d’amour émeut tant les créatures de l’Enfer et leur dieu Hadès que celui-ci consent à lui rendre sa bien-aimée à la seule condition qu’il ne se retourne pas sur le chemin du retour. Les supplications d’Eurydice ont raison de la détermination d’Orphée qui se retourne et voit Eurydice disparaître à jamais dans l’ombre.
Ce thème a depuis toujours inspiré écrivains, musiciens et chorégraphes. Déjà Monteverdi en 1607 s’était emparé du sujet en y mêlant musique, chant, poésie, danse et théâtre donnant ainsi naissance à la forme de l’opéra. C’est le compositeur allemand Christopher Willibald Gluck (1762), dont une version en français était dédiée à la reine Marie-Antoinette, qui a inspiré Pina Bausch. Elle a approfondi la dimension corporelle. Les mouvements chorégraphiques, d’une grande beauté plastique, accompagnent le chant, les émotions, thèmes des 4 tableaux de l’œuvre : le deuil, la violence, la paix et la mort. Chaque personnage « dansant » a son double « chantant » vêtu de noir, l’un portant le récit du mythe, l’autre, comme dans le théâtre antique, la sensibilité et les émotions.
Les décors très dépouillés, de simples fils tendus comme une toile d’araignée figurant le royaume des morts, nous plongent dans le rêve. Comment ne pas être émus par les ravissants ballets des ombres qui se déplacent comme des vagues dans leurs longues robes fluides, pieds nus, reliés au sol, rappelant la condition humaine, par le désespoir d’Orphée, éphèbe antique, presque nu, qui crie sa douleur dans le fameux air « J’ai perdu mon Eurydice, rien n’égale mon malheur….. ?

Moment magique de fusion entre chant et danse, longuement applaudi et large sujet de débat à la sortie.

Par Héléna Rollet