Opéras de Paris : 350 ans de Garnier et 30 ans de Bastille

Une saison 2019/2020 superbe…. mais compliquée !

Pour l’anniversaire des 350 ans de Garnier et des 30 ans de Bastille la programmation était magnifique. Notre choix s’est porté sur un programme varié privilégiant la somptueuse salle de l’opéra construit par Charles Garnier inauguré en 1875. Choix d’autant plus intéressant que le grand escalier, cœur du théâtre, affichait pour l’occasion des éléments de décor nouveaux : 2 immenses pneus de tracteur dorés… Surprenants, mais cependant parfaitement intégrés !

Bastille pour commencer avec une œuvre majeure à ne pas rater, le « Don Carlo » de Verdi ou « l’amour sacrifié ». La chance nous a souri, c’était la première avec un plateau vocal de rêve : Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak, couple mythique à la ville comme à la scène pour interpréter ce couple interdit que forment Elizabeth de Valois, fille du roi de France et l’infant d’Espagne, Don Carlo. Une fois de plus, comme dans « La force du destin », le contexte historique sert de prétexte à Verdi pour plonger dans l’intimité amoureuse de ses héros impuissants face au poids du pouvoir. Pouvoir de l’amour ou amour du pouvoir donnent lieu à des duos d’amour magnifiques. La pureté de la voix de l’une et la puissance et la présence de l’autre, soulevant l’enthousiasme du public, ont fait de cette représentation une réussite que nous avons eu plaisir à partager. La magie des grands opéras a encore joué. Heureusement, car grèves et coronavirus ont mis à mal le reste de notre programmation à l’opéra Garnier. C’est donc avec regrets que j’évoque ce qu’ont raté nos amis prévenus au dernier moment de l’annulation des spectacles.

A Garnier donc, une soirée consacrée à deux des plus illustres compositeurs français du XX° siècle : Ravel pour « L’enfant et les sortilèges » sur un poème de Colette qui avait demandé à Ravel un ballet pour sa petite-fille et Debussy « L’après-midi d’un faune » sur un texte de Mallarmé, deux opéras dansés sur le thème de l’imaginaire de l’enfant.

Suite de nos déconvenues : 2ème grève du personnel à Garnier qui nous a privés du ballet « Giselle », le ballet romantique par excellence, une merveille, créée en 1841 sur un livret de Théophile Gautier inspiré d’un poème de Victor Hugo Cette fois, c’est le coronavirus qui n’a pas permis à nos amies chinoises de profiter de l’offre de report sur une autre date.

Les événements nous ont été contraires cette année, alors pensons aux joies que nous partagerons la saison prochaine avec nos « aficionados d’opéra ».

Par Helena Rollet - Opéra

Galerie photo

Décor Levêque 350 ans Opéra Garnier Hannah O'Neill : Myrtha (Giselle, 2016) ©Svetlana Loboff/OnP L'enfant et les sortilèges saison 19/20 ©Agathe Poupeney-OnP Opéra Batille Don Carlo Opéra Bastille © Agathe Poupeney - OnP