Napoléon stratège

Génie tactique, génie politique lui font enchainer les victoires Marengo, Austerlitz, Iéna, Wagram....Il guide ses hommes drapeau en main sous la mitraille. L’exposition nous révèle l’art et la manière de faire la guerre.

Jusqu’au 22 juillet, le musée de l’Armée explore, à travers l’exposition Napoléon Stratège, les ressorts du génie politique et militaire de Napoléon. Le groupe Histoire de la France eut la chance de visiter l’exposition guidé par sa commissaire, Emilie Robbe, conservateur en chef du patrimoine.
« L’objectif est de révéler les ficelles du métier, la manière dont Napoléon créait les conditions de la victoire, aussi bien sur le champ de bataille que dans l’arène politique », explique-t-elle en introduction.

Il s’agit d’abord de revenir sur la formation et les débuts militaires de Bonaparte jusqu’au siège de Toulon en 1793, où, jeune capitaine, il critique la tenue du siège et propose un autre plan qui mène à la victoire. Son génie tactique se révèle pleinement lors de la première campagne d’Italie. S’exposant en première ligne, attachant les hommes à sa personne, il mise tout sur la concentration de ses forces et la rapidité d’exécution. Lors de la bataille pour le pont d’Arcole en novembre 1796, il guide ses hommes, drapeau en main, sous la mitraille. Face au feu nourri des Autrichiens, il atterrira finalement dans la boue du marais. Mais l’acte de bravoure n’en marque pas moins les esprits, comme l’atteste le tableau de Gros, première scène d’une légende arrangée. En 1799, le coup d’État du 18 brumaire propulse Bonaparte à la tête de l’État. Il applique alors à la scène politique sa stratégie guerrière, qui consiste à ne jamais subir et, au moment crucial, à provoquer l’affrontement. Ce même élan d’âme et d’audace lui fait enchainer les victoires : Marengo, Ulm, Austerlitz, Iéna, Friedland et Wagram. Alors qu’il paraît invincible, c’est pourtant sur le champ de bataille que vaincu, il perd l’Empire qu’il avait bâti. Incapable de déléguer, à la tête d’un Empire gigantesque, Napoléon perd son audace et ne fait pas évoluer son système face à un ennemi qui, de son côté, a appris de ses humiliations. La bataille n’est plus frontale, c’est la guérilla en Espagne, la terre brûlée en Russie. .
Tout au long du parcours, des dispositifs multimédias invitent le spectateur à prendre la place de Napoléon ou de ses adversaires dans la victoire comme dans la défaite.

A la fin de cette visite passionnante, Isabelle de Laguiche a évoqué les grandes orientations politiques survenues entre 1945 et 1969, à savoir la décolonisation, la construction européenne et la présidence du général de Gaulle. Comment mieux clôturer l’année que par cette riche matinée ?

Par Laetitia de Villelume