La Basilique Saint-Denis, un monument royal

Chef d’œuvre de l’art gothique et dernière demeure des rois et des reines de France, la basilique Saint-Denis regroupe des siècles de l’histoire artistique, politique et spirituelle de la France.


Un témoignage architectural unique
L’église s’élève sur l’emplacement d’un cimetière gallo-romain, lieu de sépulture de Saint-Denis martyrisé vers 250. Outre une crypte carolingienne, vestige de l’édifice consacré par Charlemagne en 775, la basilique conserve le témoignage de deux bâtiments déterminants pour l’évolution de l’architecture religieuse : le chevet de Suger (abbé de Saint-Denis de 1122 à 1181), manifeste du nouvel art gothique qui constitue un véritable hymne à la lumière et la partie reconstruite, au temps de Saint Louis, dont le transept, d’une ampleur exceptionnelle, était destiné à accueillir les tombeaux royaux.

Nécropole royale
Lieu de mémoire, dès le haut Moyen-Age, le monastère dionysien lia son destin à celui de la royauté et devint peu à peu le lieu de sépulture privilégié des dynasties royales. Le roi s’en remettait ainsi à la puissance des saints martyrs pour acquérir pouvoir et protection pendant sa vie et accéder directement au paradis. Lors de l’avènement des Capétiens en 987, le rôle de nécropole royale de Saint-Denis s’affirme et la plupart des souverains de la France y furent inhumés jusqu’au XIXe siècle. Au total, 42 rois, 32 reines, 63 princes et princesses, 10 grands du royaume y reposèrent. Les 70 gisants et tombeaux monumentaux conservés encore aujourd’hui en font le plus important ensemble de sculpture funéraire de France et le témoin privilégié d’une histoire mouvementée.

L’abbaye royale de Saint-Denis fut malmenée lors de la guerre de Cent Ans, des guerres de Religion et surtout au moment de la Révolution. En 1793, en effet, les révolutionnaires s’attaquèrent aux symboles de la monarchie, pillèrent les tombes, martelèrent les gisants. La basilique échappa cependant à la destruction totale. En 1806, Napoléon Ier ordonna la restauration du bâtiment puis, Louis XVIII restitua à l’abbatiale son rôle de nécropole. Les travaux de restauration se poursuivirent tout au long du XIXe siècle, dirigés en particulier par les architectes Debret puis Viollet-le-Duc. Les travaux n’ont cependant jamais été terminés. La tour nord, alors mal reconstruite, reste à ce jour démontée. Va-t-elle enfin retrouver sa flèche de 86 mètres de haut ? En décembre dernier, l’État a confirmé ce vaste projet de reconstruction.

Pour notre visite, nous avons eu la chance d’être accompagnés par Catherine de Vaucorbeil, conférencière de la Basilique.

Par Laetitia de Villelume - La France, son Histoire et ses Institutions

Galerie photo

Façade actuelle de la Basilique Saint-Denis Tombeau de Louis XII et Anne de Bretagne Monument funéraire Louis XVI et Marie-Antoinette Catherine de Médicis et Henri II, gisants Tombeau d'Henri II elt Catherine de Médicis auquel participa le (...) Couronne du roi Louis XVIII