L’Hôtel de Montesquiou, résidence de l’ambassadeur de Chine

Symbole de l’amitié et du dialogue des cultures entre la France et la Chine.

Grâce à la Chine, où Bienvenue était invitée avec faste, l’Hôtel de Montesquiou a retrouvé sa splendeur. Construit pour le marquis Anne-Pierre de Montesquiou-Fezensac, un descendant de d’Artagnan, en 1778, par l’architecte Brongniart, bien connu pour sa dernière œuvre, le Palais de la Bourse, il est propriété de l’Etat chinois depuis 2010 et le siège de l’ambassade de Chine depuis 2016. Sa rénovation a été confiée à l’architecte français, Laurent Bourgois que Mme Xinxia Wang, épouse de l’ambassadeur, a tenu à remercier en saluant la présence de Mme Valérie Fougeras son assistante-décoratrice :
« La Chine a souhaité, nous a-t-elle dit, que ce soient des sociétés et des artisans français qui mènent les travaux pour respecter à la perfection le style néo-classique du XVIIIe. Aujourd’hui, cet hôtel a retrouvé son faste d’antan pour devenir le symbole de l’amitié et du dialogue des cultures entre les deux pays ». Tout était à refaire sauf le bel escalier à triple volée de marches de l’entrée.
La longue salle de réception, ouverte sur le jardin, éblouit par ses délicates moulures dorées à la feuille, ses miroirs et ses quatre colonnes à chapiteaux corinthiens qui rythment l’espace.
« Ce salon a été conçu pour les grandes réceptions à partir des trois salons en enfilade d’origine, selon la demande des autorités chinoises, nous précise Mme Fougeras. C’est la seule modification apportée à la structure initiale ».
Les autres salons mêlent harmonieusement meubles et objets chinois et français d’époque. Dans le bureau de l’ambassadeur, « La Cascade du Lac Jingbo », un lavis à l’encre de Chine du célèbre peintre Fu Baoshi, fait face à un grand bureau Louis XVI.
« Nous avons du faire très attention, continue la décoratrice, au choix des meubles et des objets, car les œuvres du XVIIIe siècle, pouvaient choquer par rapport aux critères chinois. Par exemple, les motifs de singes, très employés à l’époque, étaient très mal perçus ».

C’est finalement dans le salon de musique que Mme Xinxia Wang a entrainé ses invités pour un concert organisé en leur honneur. Au programme, un dialogue musical entre une pianiste et une joueuse de cithare à 21 cordes illustrait une fois de plus l’accord entre les arts chinois et européens. Mais, c’est à une diva chinoise, Mme Li Ping de l’Opéra de Pékin, Prix « Fleur de prunier », la plus haute distinction nationale, que revint le final avec une interprétation chantée et dansée d’un morceau célèbre, « L’ivresse de la concubine impériale ». Ivresse que nous ressentîmes aussi pendant l’exquis déjeuner tout à fait chinois sauf les desserts, français bien sur.

Amanda Gourdault-Montagne, présidente de Bienvenue en France, a conclu cette matinée en remerciant Mme Xinxia Wang de « l’accueil exceptionnel et généreux, à la manière chinoise », qu’elle a offert aux membres de Bienvenue : « Vous avez su revaloriser admirablement notre patrimoine culturel, tout en l’associant au vôtre. Deux grandes cultures ne peuvent que s’harmoniser ».

Par Francine Boidevaix

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