L’Aiglon

Pas facile d’être le fils de Napoléon !

Rares sont les historiens à s’être penchés sur le fils de Napoléon et de Marie-Louise d’Autriche. Pour beaucoup, ce jeune prince n’avait pour seul intérêt que d’être le fils de son père. Aucun acte politique ne se rattache à cet héritier qui pourtant a été empereur des Français pendant quelques jours à la suite de la seconde abdication de 1815. Officiellement Napoléon II, son règne demeure toutefois hypothétique. Et pour cause, il est déjà exilé à la cour de son grand-père à Vienne et n’a que quatre ans ! Titré duc de Reichstadt, nom d’une petite ville située aux confins de la Bohême, il devient un prince à l’avenir incertain. L’Autriche, ou plutôt Metternich son chancelier, en décide ainsi : impossible d’envisager un trône pour le fils de celui qui a secoué l’Europe. Le jeune prince est pourtant doté de réelles qualités : beau, affable en société, romantique, volontaire, doté d’une vraie intelligence politique. En réalité, il demeure un problème inextricable : objet d’espoir pour l’Empire et ses partisans, sujet d’embarras pour l’Autriche et les monarchistes. Érigé de son vivant déjà en martyr par les romantiques, son destin brisé d’héritier impérial fascine. De sa mort prématurée de tuberculose à l’âge de 21 ans naît la légende de l’Aiglon, source d’inspiration pour les poètes et les dramaturges. Cette célébrité lui vaut d’être utilisé par Hitler pour sceller la politique de collaboration avec la France vaincue. Le triste retour de ses cendres aux Invalides, le 15 décembre 1940, cent ans jour pour jour après celle de son père, s’apparente à une nuit de deuil et constitue son dernier rendez-vous manqué avec l’Histoire.

Par Laetitia de Witt de Villelume - La France son Histoire et ses Institutions
Auteur du livre sur l’Aiglon
Editions Tallandier

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