Champagne Salon & Delamotte et la Cathédrale de Reims

Une journée en Champagne, de l’escapade pétillante à « l’Ange au sourire »


Au Mesnil-sur-Oger, village situé à quelques kilomètres de Reims, nos amis diplomates eurent le privilège de visiter une des exploitations viticoles les plus réputées, celle des champagnes Salon et Delamotte et d’y être merveilleusement accueillis pas son Directeur M. Didier Depond.

Le champagne Salon est l’un des premiers champagnes Blanc de Blancs sans assemblage et élaboré avec un raisin issu des meilleures parcelles plantées en Chardonnay.

Ce champagne provient de la parcelle d’un hectare, "le Jardin de Salon", et de dix-neuf autres petites parcelles du Mesnil-sur-Oger, sélectionnées par Aimé Salon au début du XXe siècle. Les vins sont gardés en cave en moyenne dix ans avant de révéler leur complexité et leur finesse. Nous avons eu la chance de visiter la cave voûtée, où sont conservées leurs meilleures bouteilles.

Seules les années exceptionnelles seront millésimées en moyenne une année sur trois, depuis plus d’un siècle. Depuis 1990 les vins sont gardés en cave pendant dix ans mais le millésime n’est produit que si la qualité est jugée parfaite.

La marque Salon reste un champagne confidentiel avec une production annuelle de 60.000 bouteilles millésimées. 95 % de la production part à l’export, le Japon étant le premier marché.

Après la magnifique visite découverte suivie de dégustation et d’un excellent déjeuner dans une des plus exclusives Maisons de champagne, nous nous dirigeons vers la cathédrale de Reims, joyau de l’art gothique dont la construction débuta en 1211.

Ses tours dominant la ville, elle s’impose à nous par sa beauté, sa taille et son élégance. Avec ses 138 m de longueur et sa hauteur sous voute de 38m, elle est alors l’édifice le plus grand de la chrétienté. La richesse de sa statuaire, un ensemble de 2303 statues, en fait un véritable livre d’images médiévales d’où se détache le célébrissime "Ange au sourire".

A Noël 496 (ou 499), Clovis Roi des Francs, y reçu le baptême des mains de l’évêque Remi. Le fils de Charlemagne, Louis le Pieu choisit Reims pour être sacré ; tous les Rois de France à l’exception de Louis VI et Henri IV reçurent l’onction qui consacrait alors la légitimité du pouvoir. Pendant la Révolution l’édifice est vandalisé, puis en 1825 le dernier sacre aura lieu avec Charles X.
Presque un siècle plus tard, dès le début de la Grande Guerre, en septembre 1914, l’armée du Kaiser bombarde la ville d’abord puis la cathédrale. Vingt-cinq obus l’écrasent, les gargouilles crachent des tonnes de plomb en fusion... Reims, cathédrale martyre, eut la destinée miraculeuse de voir l’Etat, la ville et les hommes se pencher sur elle, simples citoyens et généreux grands mécènes tels John D Rockefeller décidés à apporter son aide à la France...
Nous faisons le tour de la nef et des chapelles dans la pénombre de la fin d’après-midi ; les vitraux immenses laissent passer une lumière nimbée de bleu pour ceux de Chagall, rose-rouge pour ceux de l’artiste allemand Imi Knoebel.

On se souvient que le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer se retrouvèrent ici pour sceller la réconciliation franco allemande en 1962. En 1996, le Pape Jean Paul II célébra l’anniversaire du baptême de Clovis.
Ce grand vaisseau de pierre inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO ne nous a certainement pas laissé de pierre, il parle à l’intelligence et au cœur de chacun.

Par Nicole Tordjman et Elizabeth des Lyons - Economie et industrie du luxe – Richesses du Patrimoine

Galerie photo

Caves Salon & Delamotte, © Luc Monnet Propriété Salon © Luc Monnet Blanc de Blancs, champagne Delamotte © Luc Monnet "Sacre de Charles VII", vitrail de Marc Chagall Cathédrale de Reims, l'Ange au sourire